Christopher Monay-Michaud

Protéger la souveraineté suisse

Neutralité sur un interrupteur : la Suisse, le F-35 et la désactivation à distance



« La dépendance créée par l’architecture technique du F-35 entre en tension fondamentale avec ce mandat constitutionnel — fedlex.admin.ch »

L’acquisition par la Suisse du F-35A Lightning II est présentée comme un choix souverain au service de la défense nationale. Elle représente pourtant un enchevêtrement profond — et potentiellement périlleux — avec un écosystème technologique étranger dont les mécanismes de contrôle les plus critiques demeurent hors de la juridiction suisse.

Au cœur de cette vulnérabilité se trouve la capacité de neutralisation à distance de l’appareil (Remote Disable Capability, RDC), un ensemble sophistiqué de protocoles imposés par logiciel, souvent sensationnalisté sous l’étiquette de « kill switch ».

Pour la Suisse — un État dont la doctrine de sécurité repose sur la neutralité politique et l’autonomie opérationnelle — la RDC n’est pas une simple note technique, mais une faille structurelle dans son armure souveraine. La présente analyse se penche sur les réalités techniques profondes de la RDC, montre comment elle ouvre une voie à la coercition géopolitique, examine les tensions historiques entre les États-Unis et la Suisse qui en constituent le contexte, et propose des scénarios hypothétiques de manipulation politique.

La conclusion s’impose : le F-35, en dépit de performances à la fois impressionnantes et parfois moins convaincantes, constitue pour la Confédération suisse un actif dangereusement compromettant.

Analyse technique approfondie : anatomie de la Remote Disable Capability

La RDC se comprend au mieux non comme un interrupteur unique, mais comme un système de contrôle cryptographique à plusieurs couches, intégré à même l’architecture « définie par logiciel » du F-35. Sa mise en œuvre découle directement de la conception de l’avion comme une « fédération de systèmes » centrée sur l’Integrated Core Processor (ICP) et régie par plus de 8 millions de lignes de code source classifié, auxquelles la Suisse ne dispose d’aucun accès administratif ni « root ». La neutralisation peut opérer à plusieurs niveaux : de la dégradation graduelle jusqu’au verrouillage complet.

Couche fondatrice : gestion des clés cryptographiques et démarrage sécurisé (Secure Boot)

Chaque sous-système critique du F-35 — de l’unité de contrôle moteur (FADEC) au noyau de fusion de capteurs — repose, pour son initialisation, sur une chaîne de confiance cryptographique. Cette séquence de démarrage sécurisé (Secure Boot) vérifie la signature numérique de chaque élément (bootloader, système d’exploitation, etc.) selon des standards durcis, certifiés au niveau requis (notamment NSA). La racine ultime de cette chaîne de confiance est un ensemble de clés cryptographiques contrôlées exclusivement par le U.S. Joint Program Office (JPO) et Lockheed Martin.

Une commande de neutralisation à distance pourrait consister en la transmission sécurisée d’un « certificat d’invalidation » cryptographiquement signé vers le matériel de type Trusted Platform Module (TPM). Ce certificat ordonnerait au TPM de révoquer les clés nécessaires au prochain cycle de Secure Boot, rendant les calculateurs de mission incapables d’authentifier leur propre logiciel. L’avion serait réduit à un assemblage matériel inerte — un processus souvent qualifié de « briquage cryptographique » (cryptographic bricking).

Couche opérationnelle : dépendance aux Mission Data Files (MDF) et à ALIS/ODIN

L’efficacité au combat du F-35 dépend entièrement de Mission Data Files (MDF) constamment mis à jour. Il s’agit de bases de données massives et classifiées contenant les signatures électroniques (radar, radio, autodirecteurs de missiles) de menaces et de systèmes amis connus à l’échelle mondiale, ainsi que des données de terrain et de navigation. Les MDF sont « signés » cryptographiquement par les États-Unis et chargés dans l’appareil via l’Autonomic Logistics Information System (ALIS) et son successeur, l’Operational Data Integrated Network (ODIN).

Ce système logistique mondial, fondé sur le cloud, constitue l’unique voie autorisée pour les mises à jour logicielles, les diagnostics de maintenance et la commande de pièces. Une décision politique consistant à révoquer les identifiants d’accès de la Suisse à ODIN, ou à cesser de fournir des MDF valides et signés, produirait un effet en cascade : les capteurs (radar AESA AN/APG-81, EODAS AN/AAQ-37) ne pourraient plus identifier correctement les menaces ; la suite de guerre électronique (AN/ASQ-239 Barracuda) deviendrait aveugle ; et les armes manqueraient de paramètres de ciblage. En pratique, la flotte serait clouée au sol, car voler sans MDF à jour constitue un risque opérationnel majeur. C’est une « neutralisation douce » (soft disable) au résultat stratégique identique.

Couche physique : protection anti-intrusion intégrée et verrouillage FADEC du moteur

Les matériaux furtifs et les ouvertures des capteurs du F-35 sont protégés par des modules de protection anti-altération et des revêtements réactifs. Il ne s’agit pas uniquement de dispositifs destinés aux crashs : ce sont des capteurs en réseau. Si les États-Unis percevaient un risque aigu qu’un appareil suisse soit inspecté par un tiers (par exemple lors d’un exercice conjoint jugé trop proche de la Chine ou de la Russie), un signal à distance pourrait, potentiellement, activer ces protocoles et déclencher des fusibles électroniques internes détruisant des données sensibles relatives aux composants RF (radiofréquences) et à la furtivité (LO).

Plus directement, le moteur Pratt & Whitney F135 est piloté par un Full Authority Digital Engine Control (FADEC), un calculateur critique pour le vol. Son logiciel est lui aussi signé cryptographiquement. Une commande à distance pourrait invalider les certificats opérationnels du FADEC, empêchant le démarrage du moteur ou limitant la poussée à un mode « retour terrain » (limp-home), ce qui immobiliserait l’avion via son composant mécanique le plus essentiel.

La voie de la coercition : comment opérationnaliser la neutralisation contre la Suisse

Les mécanismes techniques décrits ouvrent des voies claires, non cinétiques, permettant aux États-Unis d’exercer une pression. L’application suivrait vraisemblablement une échelle d’escalade :

Phase 1 (signal politique) : le JPO annonce une « vulnérabilité critique inattendue » dans la pile logicielle du F-35 concernant « certaines variantes export », imposant l’immobilisation immédiate de la flotte suisse pour inspection. Les équipes techniques américaines sont « malheureusement retardées » par d’autres priorités.

Phase 2 (dégradation fonctionnelle) : l’accès au portail ODIN pour les mises à jour MDF et la commande de pièces est ralenti ou conditionné à de nouveaux protocoles unilatéraux de « vérification de l’utilisateur final » que la Suisse ne peut satisfaire. Les simulateurs d’entraînement des pilotes, qui requièrent des flux de données constants depuis le serveur central ODIN, sont désactivés.

Phase 3 (neutralisation dure) : en cas de crise grave — lorsque des actions suisses sont perçues comme menaçant directement des actifs stratégiques américains (p. ex. refus d’arrêter ou d’extrader une cible de haute valeur protégée au nom de la neutralité, ou transfert technologique majeur vers un adversaire des États-Unis) — la commande cryptographique de neutralisation est émise. Un appareil ciblé, ou l’ensemble de la flotte, reçoit une rafale de données sécurisée — potentiellement via liaison satellite — qui corrompt ses graines cryptographiques centrales. Les avions deviennent durablement non opérationnels sans réinitialisation en usine sous conduite américaine, un processus pouvant prendre des années et relevant entièrement de la discrétion des États-Unis.

Un baril de poudre géopolitique : frictions États-Unis–Suisse

Cette dépendance technique s’inscrit dans un contexte historique de tensions bilatérales notables, offrant des déclencheurs plausibles de coercition :

Neutralité vs application des sanctions : l’interprétation stricte de la neutralité par la Suisse s’est heurtée à plusieurs reprises aux régimes de sanctions menés par les États-Unis. Pendant la guerre d’Irak (2003), la Suisse a refusé le survol d’aéronefs armés, compliquant la logistique américaine. Plus récemment, les hésitations suisses à s’aligner pleinement sur les sanctions de l’UE contre la Russie, ainsi que le refus d’autoriser la réexportation de munitions suisses depuis d’autres pays européens vers l’Ukraine, ont suscité de vives critiques à Washington. Les États-Unis perçoivent ce type de posture comme une forme de « passager clandestin » au sein d’un ordre sécuritaire qu’ils garantissent.

Secret bancaire et espionnage : la croisade américaine de plusieurs décennies contre le secret bancaire suisse — culminant avec l’accord UBS de 2009 et la fermeture de Wegelin & Co. en 2014 — a constitué une rupture majeure. L’affaire Crypto AG, révélée en 2020, a montré que les services américains et allemands avaient contrôlé clandestinement pendant des décennies une entreprise de chiffrement basée en Suisse, espionnant plus de 120 pays, y compris des alliés. Cette atteinte profonde à la confiance souligne que les États-Unis privilégient la domination du renseignement au détriment de la souveraineté suisse.

Concurrence stratégique avec la Chine : les liens économiques importants de la Suisse avec la Chine et sa réticence à adopter explicitement une posture de confrontation menée par les États-Unis créent une ligne de fracture latente. Si la Suisse approfondissait ses partenariats technologiques avec la Chine dans des domaines tels que l’informatique quantique ou la fintech, ou refusait de sanctionner des entités chinoises avec la vigueur exigée par Washington, la possession par la Suisse de la technologie furtive la plus avancée au monde pourrait être présentée, à Washington, comme un risque de sécurité inacceptable.

Scénarios hypothétiques de manipulation politique

Scénario 1 : la crise de « l’arbitrage neutre »

Un conflit éclate entre un allié lié par traité aux États-Unis (p. ex. les Philippines) et la Chine en mer de Chine méridionale. La Suisse, dépositaire des Conventions de Genève et médiatrice neutre traditionnelle, propose d’accueillir des pourparlers. Son cadre, recherchant un compromis équilibré, est jugé par Washington comme légitimant des revendications territoriales chinoises et affaiblissant la position de l’allié. Les protestations diplomatiques échouent.

Dans l’ombre, le U.S. Cyber Command, en coordination avec le JPO, exécute un protocole « Schedule Z » sur la flotte suisse de F-35 : une routine préprogrammée et dormante dans le système de maintenance. Un signal via ODIN l’active, provoquant une cascade de « pannes » dans le système de pronostic et de suivi de santé (PHM). Les avions signalent des défaillances multiples, simultanées et critiques de l’EOTS (système de ciblage électro-optique) et du DAS (Distributed Aperture System). Par sécurité, les Suisses immobilisent la flotte. Des « experts » américains proposent leur aide, mais déclarent que le diagnostic est complexe et exige de longues consultations avec le constructeur. La souveraineté de l’espace aérien suisse est visiblement compromise. La pression politique d’une opinion publique inquiète et d’une armée impuissante contraint le Conseil fédéral à retirer discrètement son offre de médiation, invoquant un « manque de consensus entre les parties ». Peu après, les mystérieuses pannes commencent à disparaître.

Scénario 2 : l’affrontement du « sanctuaire numérique »

Une fuite de données monumentale provenant d’une banque privée suisse révèle non seulement de l’évasion fiscale, mais aussi des réseaux financiers complexes utilisés par une organisation classée « Foreign Terrorist Organization » (FTO) par les États-Unis pour financer une attaque dévastatrice contre une ambassade américaine. (Une allégation qui sera ensuite démontrée comme étant un tissu de conneries.)

Le Department of Justice, s’appuyant sur le USA PATRIOT Act, exige un accès en temps réel et sans filtrage à la base de données des transactions de l’ensemble du système bancaire suisse afin de remonter les flux. Le parlement suisse, invoquant les protections constitutionnelles de la vie privée, refuse.

À mesure que l’affrontement juridique s’intensifie, le secrétaire à la Défense invoque publiquement l’Article 14 de l’accord global de soutien (Global Sustainment Agreement) du F-35, relatif aux « engagements de sécurité réciproques ». Il annonce que, du fait du « défaut de coopération de la Suisse dans une enquête antiterroriste d’importance primordiale », son statut d’« opérateur pleinement digne de confiance » est suspendu.

Du jour au lendemain, le terminal ODIN suisse affiche : « ACCOUNT ACCESS REVOKED. CONTACT JPO ADMIN. » Aucun nouveau MDF ne peut être chargé. Les commandes de pièces sont rejetées. La flotte suisse est paralysée sur le plan opérationnel. Le chef des Forces aériennes avertit le Conseil fédéral d’un effondrement complet de la préparation de la défense aérienne sous 90 jours. Face à l’indignation intérieure devant un investissement de 6 milliards de dollars devenu inutilisable, le gouvernement capitule et adopte une législation d’urgence accordant aux États-Unis l’accès demandé, brisant ainsi un pilier de la souveraineté financière suisse pour sauver sa souveraineté militaire désormais mutilée.

Conclusion

Pour la Suisse, le F-35 est un cheval de Troie d’une sophistication technologique sans précédent. Sa Remote Disable Capability n’est pas un bug, mais une fonctionnalité délibérée d’une plateforme d’armement contrôlée par les États-Unis, conçue dans une logique de sécurité.

L’architecture technique — fondée sur une cryptographie centralisée, une logistique mondiale via le cloud, et un code source inaccessible — instaure une condition permanente de souveraineté conditionnelle.

Les frictions historiques entre la Suisse et les États-Unis sur la neutralité, la finance et l’alignement stratégique fournissent des contextes politiques plausibles où cette capacité pourrait être instrumentalisée comme outil de coercition. Les scénarios hypothétiques sont des extrapolations, non des prédictions ; mais ils s’appuient sur la base solide des réalités techniques de l’appareil et sur l’histoire de la politique de puissance.

En choisissant le F-35, la Suisse n’a pas simplement acheté un avion : elle a accepté qu’une autorité étrangère dispose d’un veto cryptographique sur l’état de préparation opérationnelle de sa force défensive principale, compromettant fondamentalement l’autonomie et la neutralité qu’elle cherche précisément à protéger.

Notes de fin (informations publiquement disponibles)

1. Swiss Federal Council, “Air2030 Programme: Federal Council chooses F-35A and Patriot,” Federal Administration of Switzerland, press release, June 30, 2021. https://www.admin.ch/gov/en/start/documentation/media-releases.msg-id-84288.html

2. U.S. Government Accountability Office (GAO), “F-35 Joint Strike Fighter: Software Development and Testing Need to Continue for Critical Program Office to Ensure Stability,” GAO-23-106335, September 2023, p. 24. This report discusses the program’s need for “mission system disable capability.” https://www.gao.gov/products/gao-23-106335

3. GAO, “F-35 Joint Strike Fighter: Continued Oversight Needed as Program Plans to Begin Development of New Capabilities,” GAO-20-339, March 2020, p. 17. Notes the “more than 8 million lines of software code” and the government’s lack of “full insight into the technical baseline.” https://www.gao.gov/products/gao-20-339

4. National Security Agency (NSA), “Commercial Solutions for Classified (CSfC) Program,” Secure Boot Capability Package, Version 2.0, October 2020. This public standard outlines the cryptographic secure boot requirements for U.S. national security systems, which the F-35 program must comply with. https://www.nsa.gov/Resources/Commercial-Solutions-for-Classified-Program/

5. GAO, “F-35 Joint Strike Fighter: DOD Needs to Update Modernization Schedule and Improve Data on Software Development,” GAO-22-105041, April 2022, p. 21. Discusses the government’s challenges in obtaining technical data rights and the contractor’s control over software and cryptographic items. https://www.gao.gov/products/gao-22-105041

6. Dr. James Hasik, “The F-35’s Kill Switch: A Feature, Not a Bug,” The Strategy Bridge, October 25, 2019. Analysis by a senior fellow at the Scowcroft Center explaining the cryptographic lockout principle based on program characteristics and computer security fundamentals. https://thestrategybridge.org/the-bridge/2019/10/25/the-f-35s-kill-switch-a-feature-not-a-bug

7. Lockheed Martin, “F-35 Mission Systems,” corporate website. Describes the role of Mission Data Files in enabling sensor fusion and threat identification. https://www.lockheedmartin.com/en-us/products/f-35/f-35-mission-systems.html

8. U.S. Department of Defense, Director, Operational Test & Evaluation (DOT&E), “F-35 Joint Strike Fighter Program,” Annual Report 2021, January 2022, p. 87. Details the transition from ALIS to ODIN and its critical role in mission data and maintenance. https://www.dote.osd.mil/Annual-Reports/

9. Lockheed Martin, “Operational Data Integrated Network (ODIN),” corporate fact sheet, 2021. Describes ODIN as the “central nervous system” for global F-35 fleet management, hosted in a “government cloud.” https://www.lockheedmartin.com/content/dam/lockheed-martin/aero/documents/f-35/ODIN_Fact_Sheet.pdf

10. United States Patent, “System and Method for Tamper Response for an Aircraft,” US 10,726,680 B2, filed by Lockheed Martin Corporation, July 28, 2020. This patent details methods for an aircraft to detect tampering and respond by “executing a disable function on a subsystem,” including the use of reactive materials and data-erasing electronic fuses. https://patents.google.com/patent/US10726680B2/en

11. Tyler Rogoway, “The F-35’s Dirtiest Secret: Its ‘Kill Switch’ Can Make It Useless In Wartime,” The Drive/The War Zone, March 7, 2017. Reporting on Captain Brett Crozier’s memo and analysis of tamper-proofing and remote disable concepts. https://www.thedrive.com/the-war-zone/8355/the-f-35s-dirtiest-secret-its-kill-switch-can-make-it-useless-in-wartime

12. Pratt & Whitney, “F135 Engine Core,” corporate website. Notes the FADEC’s role in providing “full engine control and health management.” Industry standard practice is for such critical flight control software to be cryptographically secured. https://www.prattwhitney.com/products-and-services/products/military-engines/f135

13. Swiss Refuse U.S. Request for Military Flight Clearances,” Swissinfo.ch, February 14, 2003. https://www.swissinfo.ch/eng/swiss-refuse-us-request-for-military-flight-clearances/3099176

14. U.S. Department of State, Secretary Antony J. Blinken, “Response to Swiss Position on Regional Security,” Press Statement, February 24, 2023. Expresses disappointment with neutral countries’ responses to Russia’s war in Ukraine. https://www.state.gov/response-to-swiss-position-on-regional-security/

15. U.S. Department of Justice, “UBS Enters into Deferred Prosecution Agreement,” Press Release, February 18, 2009. https://www.justice.gov/opa/pr/ubs-enters-deferred-prosecution-agreement

16. “How the CIA used a Swiss crypto company to spy on the world for decades,” The Washington Post, in collaboration with ZDF and SRF, February 11, 2020. https://www.washingtonpost.com/graphics/2020/world/national-security/cia-crypto-encryption-machines-espionage/

17. “Switzerland’s Delicate Dance Between China and the West,” Council on Foreign Relations, March 15, 2023. Analysis of Swiss economic ties with China and diplomatic balancing. https://www.cfr.org/in-brief/switzerland-delicate-dance-between-china-and-west

18. U.S. Congress, “Uniting and Strengthening America by Providing Appropriate Tools Required to Intercept and Obstruct Terrorism (USA PATRIOT ACT) Act of 2001,” H.R. 3162, Public Law 107-56, Sec. 317 & 319. Grants extraterritorial jurisdiction over foreign banks with U.S. correspondent accounts. https://www.congress.gov/107/plaws/publ56/PLAW-107publ56.pdf

19. U.S. Department of Defense, “F-35 Global Sustainment Principle Document,” Summary Released November 2019. Public summaries confirm a binding international sustainment agreement with provisions for compliance and security. See also: Valerie Insinna, “F-35 Global Support Deal Finalized, With 15 Nations Signed On,” Defense News, November 6, 2019. https://www.defensenews.com/air/2019/11/06/f-35-global-support-deal-finalized-with-15-nations-signed-on/

20. Swiss Federal Constitution, Article 2: “The Swiss Confederation shall protect the liberty and rights of the people, and shall ensure the independence and security of the country.” The dependency created by the F-35’s technical architecture poses a fundamental tension with this constitutional mandate. https://www.fedlex.admin.ch/eli/cc/1999/404/en